Essen 2026. Nos coups de cœur du Spiel, nos tests et le top des sorties à ne pas manquer.

Spiel des Jahres 2024 : les meilleurs jeux de l’année annoncés

Le Spiel des Jahres, littéralement « jeu de l’année » en allemand, est l’une des distinctions les plus prestigieuses dans le domaine des jeux de société. Créée en 1978, cette récompense vise à mettre en lumière des jeux exceptionnels tant par leur qualité de conception que par leur accessibilité et leur potentiel de divertissement. Chaque année, un jury composé de critiques de jeux sélectionne les meilleurs titres à travers plusieurs catégories, dont le Spiel des Jahres pour les jeux familiaux, le Kinderspiel des Jahres pour les jeux pour enfants, et le Kennerspiel des Jahres pour les jeux plus complexes destinés aux connaisseurs. Cette année, les lauréats ont une fois de plus démontré des qualités de diversité et de créativité de l’industrie du jeu de société. Voyons voir ce qu’il en est en détail.

Gagner le Spiel des Jahres est un sésame qui ouvre les portes du grand public pour votre jeu. C’est aussi quasiment à coup sur la réussite commerciale. Pour les éditeurs aussi, cela permet de communiquer sur la qualité de leur travail. Mais qui va marquer les esprits en remportant le plus prestigieux des trophés cette année ?

Sky Team, le lauréat

Sky Team

Sky Team est un jeu coopératif pour deux joueurs, conçu par Luc Rémond et édité par Le Scorpion Masqué. Dans ce jeu, les joueurs incarnent des pilotes d’avion travaillant en binôme pour réussir des atterrissages complexes dans diverses conditions. Chaque joueur doit accomplir des actions spécifiques, telles que gérer la vitesse, l’altitude et la communication avec la tour de contrôle, tout en coordonnant parfaitement avec son partenaire. L’originalité du jeu réside dans la nécessité d’une communication efficace et de décisions rapides sous pression, recréant fidèlement le stress et l’excitation du pilotage en duo. En plus de son gameplay engageant, Sky Team est également reconnu pour son esthétique soignée et ses composants de haute qualité. Une extension est déjà annoncée, promettant de nouvelles aventures et défis pour les joueurs.

Si Sky Team a su se démarquer cette année, il a ravi la 1ère place à 2 jeux qui ont clairement fait leurs preuves, à savoir :

  • Sur les traces de Darwin de Gregory Grard et Matthieu Verdier chez Sorry We Are French
  • Captain Flip de Paolo Mori et Remo Conzadori chez Playpunk

Clefs magiques : Le Kinderspiel des Jahres 2024

Clefs Magiques

Clefs magiques est un jeu de société conçu pour les enfants, développé par Arno Steinweinder et Marcus Schlawitczek, et édité par Happy Baobab. Ce jeu de type stop ou encore plonge les joueurs dans un monde enchanteur où ils doivent collecter des clés magiques pour progresser. Les joueurs lancent des dés pour avancer et doivent décider s’ils veulent continuer à lancer pour obtenir plus de clés ou s’arrêter pour sécuriser celles qu’ils ont déjà. Chaque décision comporte des risques, car un mauvais lancer peut les faire perdre toutes leurs clés accumulées lors de ce tour. Le jeu est conçu pour être à la fois amusant et éducatif, enseignant la prise de décision stratégique et la gestion du risque de manière ludique. Les illustrations vibrantes et les composants de qualité ajoutent à l’attrait du jeu, faisant de Clefs magiques un choix parfait pour les soirées de jeu en famille. Ce jeu a su séduire le jury par son équilibre parfait entre amusement et apprentissage, faisant de Clefs magiques le choix idéal pour le Kinderspiel des Jahres 2024.

Face à lui, Clef Magiques avec 2 concurrents sérieux :

  • Große kleine Edelsteine de Wolfgang Warsch chez Schmidt
  • Taco Chaton Pizza de Dave Campbell chez Blue Orange Games

Daybreak, le Kennerspiel des Jahres 2024

Daybreak

Daybreak est un jeu de société coopératif conçu par Matt Leacock et Matteo Menapace, qui plonge les joueurs dans un défi mondial de lutte contre le changement climatique. Chaque joueur incarne un dirigeant régional et doit collaborer avec les autres pour réduire les émissions de carbone et éviter des catastrophes climatiques. Le jeu se distingue par sa profondeur stratégique, exigeant une gestion minutieuse des ressources et des investissements dans des technologies durables. Les décisions prises ont des répercussions à long terme, nécessitant une planification rigoureuse et une adaptation aux événements imprévus. Les composants de haute qualité et les illustrations immersives renforcent l’engagement des joueurs, offrant une expérience à la fois éducative et captivante. En jouant à Daybreak, les participants seront sensibilisés aux enjeux environnementaux tout en étant plongés dans une aventure stratégique intense et collaborative.

Là aussi la concurrence était rude même si je pense que les Daybreak avait une longueur d’avancer sur les autres jeux :

  • La Guilde des expéditions marchandes de Brett J. Gilbert et Matthew Dunstan chez AEG
  • Les Aventuriers du Rail Legacy – Légendes de l’Ouest d’Alan R. Moon, Matt Leacock, Rob Daviau

Daybreak se distingue par sa capacité à transformer des enjeux environnementaux complexes en une expérience ludique et engageante. Les tendances de 2024 mettent en avant la coopération et l’éducation, un reflet de l’évolution vers des jeux plus immersifs et instructifs. Ce choix illustre la direction prise par l’industrie, axée sur des thèmes modernes et pertinents.

Les professionnels du secteur saluent la diversité et l’innovation des jeux primés cette année. Daybreak a particulièrement impressionné pour son approche éducative et son engagement envers des thèmes critiques. Des créateurs de jeux et des experts ont souligné l’importance de jeux pour sensibiliser les joueurs aux problématiques mondiales tout en les divertissant.

Les joueurs ont réagi plutôt positivement aux choix de cette année. Les discussions en ligne montrent un enthousiasme marqué pour des jeux qui allient divertissement et éducation. Les forums et réseaux sociaux regorgent de critiques qui marquent la logique des décisions du jury. Les joueurs appréciant la complexité stratégique et la pertinence des thèmes abordés.

Les lauréats du Spiel des Jahres 2024 reflètent une année riche en créativité et innovation dans le monde des jeux de société. Sky Team, Clefs magiques, et Daybreak illustrent parfaitement cette diversité, chacun apportant une expérience unique et engageante. Ces jeux ne se contentent pas de divertir; ils éduquent, sensibilisent et encouragent la coopération. Cette sélection montre une tendance vers des jeux plus immersifs et significatifs, ayant un impact durable sur les joueurs. Alors, qu’attendez-vous pour essayer ces jeux et partager vos expériences ? La discussion est ouverte ! Qu’en pensez-vous ? Avez-vous essayé les jeux primés cette année ? Partagez vos avis et expériences dans les commentaires !

Découvrez la carte Magic vendue 3 millions de dollars : est-ce la nouvelle Mona Lisa des jeux de société ?

Bienvenue dans un univers où passion, histoire et collection se rencontrent pour créer des moments historiques dans l’industrie des jeux de société. La vente record de la carte Black Lotus à 3 millions de dollars, un événement sans précédent dans le monde de Magic: The Gathering, marque un tournant et pose des questions sur la valeur culturelle, économique et symbolique des jeux de société modernes et plus particulièrement, les jeux de cartes à collectionner.

La Black Lotus est une carte qui a toujours suscité admiration et convoitise au sein de la communauté de Magic: The Gathering. Connue pour sa capacité à générer trois manas de n’importe quelle couleur dès le premier tour, elle offre un avantage inestimable dès les premières phases du jeu. Sa rareté est légendaire, surtout pour les versions issues de l’édition Alpha, et l’exemplaire vendu était en état Pristine 10, noté par la Certified Guaranty Company (CGC), ce qui signifie qu’elle est en condition absolument parfaite.

Cette transaction record a non seulement fait les gros titres, mais elle a également secoué le marché global des cartes à collectionner. En fixant un nouveau plafond pour le prix d’une carte, elle a immédiatement influencé la perception de la valeur pour des cartes similaires et même pour d’autres objets de collection dans l’univers des jeux. Les experts du marché et les passionnés s’interrogent désormais sur la possibilité que d’autres cartes rares atteignent ou même dépassent ce montant dans des ventes futures.

Pour atteindre un montant aussi important pour la vente d’une carte, il a fallu réunir trois conditions pas si simples.

Rareté et condition parfaite

La combinaison de la rareté extrême de la carte et de sa condition impeccable est cruciale pour comprendre sa valeur. Il existe très peu d’exemplaires de Black Lotus à l’état Pristine 10, ce qui en fait un objet de désir pour les collectionneurs les plus sérieux.

Certification et authenticité

La présence d’une certification par une autorité reconnue comme CGC assure aux acheteurs que l’article est authentique et en état optimal, augmentant ainsi sa valeur marchande.

Valeur symbolique et historique

Au-delà de l’aspect matériel, la Black Lotus incarne l’histoire et l’évolution de Magic: The Gathering. Elle représente une époque où le jeu prenait ses marques et commençait à captiver l’imaginaire collectif.

Cette vente record ouvre le débat sur plusieurs fronts économiques et éthiques dans le monde du jeu de société :

  • Spéculation vs. passion : La frontière entre collectionner par passion et investir pour le profit devient floue. Quel impact cela a-t-il sur la culture du jeu ?
  • Accessibilité pour les nouveaux joueurs : Avec des prix aussi élevés, les barrières à l’entrée pour les nouveaux joueurs intéressés par la collection peuvent être décourageantes.
  • Santé du marché : Cette vente est-elle un signe de bonne santé pour le marché des jeux de société ou un symptôme d’une bulle spéculative prête à éclater ?

L’avenir du marché des cartes à collectionner semble prometteur mais incertain. La tendance pourrait inciter plus de gens à chercher des cartes rares, non seulement dans Magic: The Gathering mais aussi dans d’autres jeux tel que Yu-Gi-Oh ou encore Pokemon. Cela pourrait également conduire à une revalorisation des collections existantes et inciter à des investissements plus stratégiques dans ce domaine.

La vente de la Black Lotus à 3 millions de dollars est plus qu’une transaction financière, c’est un événement culturel qui résonne avec tous ceux qui valorisent les jeux de société comme un élément essentiel du patrimoine culturel moderne. Elle rappelle que derrière chaque carte, il y a une histoire, une passion et une communauté qui continue de croître et de s’émerveiller.

Asmodee s’émancipe : quels changements après la scission d’Embracer ?

Dans un tournant majeur pour l’industrie du jeu, Embracer Group, un conglomérat suédois qui a marqué le monde du jeu vidéo et des jeux de société par ses acquisitions stratégiques, se scinde en trois entités distinctes. Cette décision, qui divise le groupe en secteurs plus spécialisés, a des répercussions importantes, notamment pour Asmodee, une figure emblématique des jeux de société.

Historiquement, Embracer Group a été un mastodonte dans l’univers du jeu vidéo, absorbant des entreprises à un rythme soutenu. Toutefois, après l’échec d’un investissement crucial de 2 milliards de dollars par un fonds d’investissement saoudien, le groupe a été contraint de repenser sa stratégie globale. Cette scission est une réponse directe à ces défis financiers, visant à clarifier les objectifs et à améliorer la gestion de chaque branche.

Embracer a opté pour une division stratégique en trois entreprises distinctes, chacune se concentrant sur un segment de marché spécifique :

  1. Asmodee se concentrera exclusivement sur les jeux de société, exploitant son expertise pour innover et étendre sa présence dans ce secteur en croissance.
  2. Coffee Stain & Friends rassemblera des studios axés sur les jeux vidéo de petite et moyenne envergure, explorant des niches créatives et des modèles de jeu expérimentaux.
  3. Middle-earth Enterprises & Friends se chargera des productions de jeux vidéo AAA, exploitant des franchises à grande échelle et à fort budget.

Cette segmentation permet à chaque unité de développer des stratégies qui correspondent mieux à leurs marchés cibles, espérant ainsi optimiser leur efficacité opérationnelle et leur croissance financière.

Pour Asmodee, cette scission signifie une nouvelle ère d’autonomie et de potentiel d’expansion. Libérée des contraintes d’une structure corporative massive, Asmodee peut désormais se concentrer pleinement sur le développement et la distribution de jeux de société. Cette indépendance permettra une approche plus agile et réactive aux tendances du marché, facilitant les innovations et les collaborations potentielles avec d’autres créateurs de jeux.

Néanmoins, Asmodee hérite également d’une part significative de la dette d’Embracer, un fardeau qui pourrait limiter ses capacités d’investissement à court terme. La gestion de cette dette sera cruciale pour sa stabilité et son expansion futures.

Les deux autres branches, Coffee Stain & Friends et Middle-earth Enterprises & Friends, font face à leurs propres défis et opportunités. Coffee Stain cherchera à capitaliser sur le marché en plein essor des jeux indépendants, tandis que Middle-earth Enterprises devra naviguer dans l’espace compétitif des jeux AAA, où les risques et les récompenses sont considérablement plus grands.

Les marchés financiers et les actionnaires ont réagi avec prudence mais optimisme à cette annonce. Bien que la scission promette de dynamiser chaque entité, les investisseurs restent vigilants, attentifs aux premiers résultats financiers post-scission et aux stratégies de gestion des dettes.

Pour les joueurs, particulièrement les amateurs de jeux de société, cette scission d’Asmodee ouvre des perspectives excitantes. En tant qu’entité indépendante, Asmodee a la capacité de pousser l’innovation dans la conception de jeux de société, potentiellement en introduisant des mécaniques de jeu plus audacieuses et en explorant des thèmes sous-représentés. Les joueurs s’attendent à voir une gamme de produits enrichie et peut-être des collaborations inédites avec des créateurs de jeux indépendants.

La scission d’Embracer et l’indépendance retrouvée d’Asmodee marquent un tournant potentiellement révolutionnaire pour le secteur des jeux de société. Si Asmodee parvient à naviguer avec succès sa nouvelle liberté.

Goliath avale Lucky Duck Games : tremblement de terre dans le monde du jeu de société !

Le paysage ludique est en ébullition suite à l’annonce récente de l’acquisition de Lucky Duck Games par le géant néerlandais Goliath. Cette transaction soulève une multitude de questions et de préoccupations au sein de la communauté des amateurs de jeux de société. Allons explorer les implications de cette fusion pour les joueurs et les deux entreprises concernées.

Avant de rentrer dans les détails de l’acquisition qui nous interesse ici, il est important de rappeler brievement qui est impliqué, notamment pour les joueurs qui ne connaissent pas ses entreprises.

Lucky Duck Games

Créée en 2016, Lucky Duck Games s’est rapidement établie comme un innovateur clé dans l’industrie grâce à ses jeux qui mélangent éléments numériques et traditionnels. Leur titre phare, Chronicles of Crime, utilise une application pour enrichir l’expérience de jeu traditionnelle avec des éléments interactifs, établissant un nouveau genre dans le domaine des jeux de société. Cette capacité à innover a permis à Lucky Duck de se tailler une place de choix sur le marché international notamment avec des propositions particulièrement bien choisie telles que :

  • Destinies
  • Dice Throne
  • La saga des Chronicles of Crime
  • Ou encore l’as d’or expert, Dune Imperium

Goliath

Présent depuis 1980, Goliath a construit sa réputation sur une gamme solide de jeux familiaux bien connus. Ces dernières années, l’entreprise a cherché à diversifier ses activités en se lançant dans le secteur des jeux pour adultes, augmentant ainsi sa présence sur le marché mondial des jeux de société. Goliath est réputé pour son approche orientée vers les jeux grand public, ce qui soulève des interrogations quant à la compatibilité de ses ambitions avec la vision créative de Lucky Duck Games.

Annoncée en grande pompe, cette acquisition a été finalisée après plusieurs mois de négociations. Les termes exacts de l’accord n’ont pas été entièrement divulgués, mais il est clair que Goliath cherche à renforcer sa position dans le segment des jeux de société pour adultes et stratégiques, un marché en pleine expansion. Les dirigeants de Goliath ont exprimé leur admiration pour l’approche innovante de Lucky Duck Games et ont assuré que la structure et l’équipe de direction actuelle resteraient en place.

La communauté des jeux de société, particulièrement active sur des plateformes comme Cwowd ou encore sur Facebook, a réagi avec un mélange de scepticisme et d’optimisme à cette nouvelle. Les discussions se sont concentrées sur la capacité de Lucky Duck Games à maintenir son identité unique sous la bannière d’une entreprise axée sur les bénéfices et les produits grand public.

  • Inquiétudes : Les joueurs craignent une possible dilution de l’originalité qui caractérise les jeux de Lucky Duck Games, avec un virage vers des créations moins audacieuses pour assurer des retours sur investissements sûrs.
  • Espoirs : D’autres espèrent que l’accès à des ressources plus importantes permettra à Lucky Duck Games d’innover davantage et de proposer ses jeux à un public plus large.

Sans grande surprise, ce rachat suscite des émotions mitigées. D’autant plus que l’on touche ici à l’un des éditeurs favori du marché. La communauté l’a bien compris, des changements sont à prévoir.

Opportunités pour Lucky Duck Games

L’acquisition offre à Lucky Duck non seulement un accès à un vaste réseau de distribution mais aussi une capacité financière accrue. Cela pourrait se traduire par un développement plus rapide de nouveaux jeux et une expansion significative sur les marchés internationaux. Et pourquoi pas à une démocratisation de leur offre et parfois quelques risques bien choisis.

Défis et risques

Le principal défi est évident et bien mis en avant par la communauté. Il sera de naviguer entre les exigences commerciales de Goliath et son propre désir de maintenir une approche novatrice. Le risque de standardisation est réel et pourrait entraver la capacité de l’éditeur à continuer à se démarquer sur le marché.

La stratégie à long terme de Goliath semble être de diversifier son offre et de capitaliser sur le secteur en croissance des jeux de société pour adultes et stratégiques. Pour Lucky Duck Games, le défi sera de tirer parti des nouvelles opportunités tout en préservant les qualités qui ont fait son succès.

L’acquisition de Lucky Duck Games par Goliath pose des questions vitales sur l’équilibre entre croissance et innovation dans le secteur des jeux de société. Les mois à venir révéleront si cette union peut vraiment enrichir l’offre ludique ou si elle marquera un pas vers une uniformisation redoutée par les passionnés.

Tric Trac est mort… Triste mais prévisible ?

Cette fois c’est la bonne ! Le site Tric Trac va définitivement fermer ses portes après déjà deux retours inattendus sur le devant de la scène. Mais cette fois-ci, pas de retournement de situation, pas de rachat ni de communication de dernière minute pour sauver la référence des sites ludiques. 

Si le titre de ce contenu peut paraître provocateur, surtout pour les amoureux du site, sachez que nous sommes nous aussi affectés par cette nouvelle. Tric Trac a fait vibrer le monde ludique durant des années et nous ne sommes pas là pour enfoncer le clou mais pour tenter de donner une explication à cette fin. Au-delà de l’aspect communautaire, ce n’est en rien un choc pour le secteur. Mais alors pourquoi cette nouvelle n’en ai pas une, et en quoi nous pouvions nous y attendre ?

Retour sur l’histoire de Tric Trac pour mieux comprendre

Pour bien comprendre le sujet, nous vous proposons de faire un petit retour sur la chronologie de Tric Trac. C’est important aussi pour analyser comment la situation en est arrivé là. Retour en quelques dates : 

Avant 2010Le site appartient à Monsieur Phal en micro entreprise
2010 à 2016Plume Finance s’associe à hauteur de 49%Fin 2016, le site génère plus de 4 millions de visiteurs unique pour 390000€ de CA
2017Monsieur Phal récupère 100% de l’entreprise pour préparer la venteFin 2017, le site génère plus de 5,5 millions de visiteurs unique pour 430000€ de CA
2018 à 2019Plan B rachète l’entrepriseFin 2019, le site génère plus de 6 millions de visiteurs unique pour 235000€ de CA
2020 à 2021Asmodee rachète l’entrepriseFin 2021, le CA du site est de 375000€ pour une perte d’exploitation de -422000€

Ce tableau est issu de statistiques compilées en partie par Monsieur Phal (créateur de Tric Trac) et que nous sommes allé vérifier pour ce qu’il est possible.

Fin Tric Trac
Dernière news sur le site de Tric Trac avant sa fermeture

Le modèle du média en perte de vitesse en France

La création d’un média digne de ce nom (ce que Tric Trac à toujours été) est un combat perpétuel tant le modèle est difficile à maîtriser et soumis aux aléas. En cause, un modèle économique fluctuable, une concurrence complexe et des investissements lourds. Le tout, dans un marché pas si gros que ça !

Un modèle de soft power avant tout

Le modèle des médias est avant tout un modèle de soft power en France… Qu’est-ce que l’on entend par là ? La plupart des grands médias font partie de groupes médiatiques. La rentabilité du modèle fonctionne donc sur deux grands principes, le volume pour vendre du sponsoring et de la publicité (on pourra citer jeuxvidéo.com par exemple) ou le soft power qui n’a pas une visée de rentabilité pur mais plutôt une capacité à placer une idéologie et à mettre en avant une marque, une vision, une façon de penser. C’est ici clairement le modèle média de toute la presse politique.

En soit, dans le cas de Tric Trac nous sommes bien plus dans une volonté d’exhaustivité et de présentation du l’univers jeux de société pour favoriser la vente de publicité ciblée. Un modèle très complexe à respecter et voilà pourquoi.

Des investissements coûteux

Gérer un média est bien plus coûteux qu’on ne le pense. Cela demande d’avoir un investissement continu notamment sur les plumes qui composent votre équipe. Dans les coûts importants à prendre en compte, on trouvera entre autre : 

  • Les salaires (la masse salarial étant souvent le critère de dépense numéro 1) : Journalistes et marketing en tête
  • Les locaux : faire des émissions demande de la place surtout si vous multipliez les formats. Lorsque vous êtes à Paris, il s’agit d’une dépense qui est tout sauf anodine
  • Le matériel qui peut rapidement prendre de l’ampleur
  • Le site (et oui, il ne s’entretien pas tout seul) et les serveurs

Bref, on parle ici en dizaine de milliers d’euros chaque mois. Autant vous dire qu’il faut vendre de l’espace publicitaire en continu et que cela ne laisse pas la place à la moindre baisse de régime. C’est aussi l’une des raisons de la recherche continue de nouveau modèle financier à travers les années pour Tric Trac.

La concurrence du SEO

Bien que le site de Tric Trac ai continuellement gagné en trafic et donc permis de vendre des espaces publicitaires, avec le temps, les micro-média et autres sites dédiés aux jeux de société ont nécessairement eu un impact sur leur trafic. La concurrence se multipliant, le potentiel du site n’a pas pu atteindre les strates qu’il aurait dû.

Le Covid, encore lui !

Deuxième facteur qui est surement le début de la fin, le covid et surtout, le confinement. Car, comme tous les sites média, les revenus de Tric Trac ont pris un coup de massue suite aux longs mois de confinement. Plus de vidéos, plus d’émissions et donc, plus de placement publicitaire. Une catastrophe qu’il faut financer durant des années pour pouvoir ne serait-ce que revenir à l’équilibre. 

On en vient donc au dernier problème qui finit de faire couler le bateau, le rachat d’Asmodee.

Asmodee, un non choix perdant d’avance !

Que l’on soit clair, il n’est pas ici question de polémiquer sur la présence d’Asmodee, bien ou pas bien et de remettre la faute sur leur groupe. Mais plutôt de préciser en quoi, le rachat a amené à cet état de fait. Il faut donc prendre en compte deux éléments simple mais inéluctable : 

  1. Sans le rachat d’Asmodee, le site aurait fermé ses portes bien plus tôt et notamment du fait du Covid. C’est l’investissement du groupe qui a permis de sauver les meubles.
  1. Le rachat d’Asmodee a freiné l’investissement publicitaire, car les éditeurs, distributeurs et sites e-commerce (principaux communicants) ne souhaitent pas investir chez un concurrent direct. Surtout depuis le rachat de Philibert en plus.

Dualité complexe qui amène à cette fin malheureuse pour l’un des plus gros sites spécialisés dans le monde ludique.

Le roi est mort, vive le roi !

La fermeture du site de Tric Trac est bien entendu la somme de centaines de décisions et d’éléments compilés dont la plupart nous échappent totalement. C’est la vie d’une entreprise. Vous pourrez à ce sujet aller un peu plus loin en regardant la vidéo de Monsieur Phal.

Si la nouvelle est terrible, surtout pour les salariés de Tric Trac, il faut comprendre que pour le secteur d’activité, cela n’aura pas ou peu d’impact. Comme souvent, d’autres acteurs vont immerger et le trafic du site va naturellement se substituer sur d’autres sites. Chacun trouvera de nouvelles habitudes et la vie ludique va continuer.

Merci à toute l’équipe, et bonne continuation. Pensons à l’avenir, et saluons les nouveaux acteurs du secteur qui auront leurs propres visions, leurs ligne éditoriale et qui amèneront de la différence.