La nuit est tombée. Au centre de la table, des cartes numérotées attendent d’être retournées vers la lumière. Mais certains joueurs autour de vous veulent que ça reste dans l’obscurité. Le problème ? Vous ne savez pas qui.

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La fiche du jeu
| Thème | Bluff, déduction |
| Mécaniques | Rôles cachés, échange de cartes, bluff |
| Niveau | Débutant |
| Nombre de joueurs | 3 à 6 joueurs |
| Éditeur | Edition Spielwiese |
| Auteur(s) | Emely, Lukas, Inka, Markus Brand |
| Illustrateur(s) | Tina Kraus, Florian Biege |
Au centre de la table, des cartes numérotées sont posées face côté Nuit. L’objectif du jeu est simple sur le papier : faire en sorte que toutes ces cartes basculent côté Jour avant la fin. Sauf que certains joueurs, les Serpents, veulent exactement l’inverse. Ils cherchent à ne laisser qu’une seule carte au centre, et qu’elle soit côté Nuit.
Ce qui rend Soupçons particulier, c’est que les camps ne sont pas fixes. Un joueur peut se retrouver Serpent à une manche et ne plus l’être à la suivante, selon les cartes qu’il a en main. Les alliances du tour d’avant ne valent donc plus rien.
Comment jouer à Soupçons ?
Avant de vous lancer, voici ce qu’il faut avoir en tête. Soupçons repose sur un échange de cartes entre joueurs, avec une bonne dose de bluff à chaque proposition. Chaque tour, vous ne savez pas vraiment ce qu’on vous donne, et la personne en face ne sait pas si vous dites la vérité. Tout le jeu se construit autour de cette asymétrie d’information, manche après manche.
Les cartes, bien comprendre la mécanique
Il y a trois types de cartes à connaître. Les cartes Masque portent une valeur numérique (de 0 à 6 selon la configuration). Les cartes Serpent n’ont pas de valeur et constituent le marqueur des méchants. Les cartes Jour/Nuit sont celles posées au centre, à retourner ou non. Enfin, la carte Porte sert d’indicateur de statut pendant la manche.
Le déroulement d’un tour, le mensonge est palpable
Celui qui a 3 cartes en main commence. Il choisit un autre joueur dont la porte est encore ouverte et lui glisse une carte face cachée en annonçant ce qu’elle représente : un chiffre ou un Serpent. C’est là, tout le sel du jeu, il peut (doit) mentir.
Le joueur qui reçoit la proposition décide s’il l’accepte ou la refuse. S’il refuse, le donneur lui propose une deuxième carte, en annonçant à nouveau sa valeur (vraie ou fausse). Nouveau refus possible. Mais si cette deuxième carte est également refusée, la troisième doit obligatoirement être acceptée, quoi qu’il arrive.
Une fois la carte acceptée, le receveur la regarde discrètement. Sans rien dire de ce qu’il voit, il agit : si le chiffre de la carte correspond à une carte encore côté Nuit au centre, il la retourne côté Jour. Si cette carte était déjà côté Jour, elle est simplement retirée de la table. Si la valeur n’est plus présente au centre (ou si c’est un Serpent), il dit juste « rien ne se passe » et tout le monde essaie de deviner pourquoi.
Le receveur ferme ensuite sa carte Porte devant lui (côté Fermé visible) et devient à son tour le donneur pour un joueur dont la porte est encore ouverte.
La fin d’une manche et les conditions de victoire
La manche se termine quand tout le monde a fermé sa porte. On reprend toutes les cartes Masque, on rouvre les portes, et une nouvelle manche commence avec la personne qui a 3 cartes en main.
La partie s’arrête dès qu’une condition est remplie. Si toutes les cartes au centre sont côté Jour, les joueurs sans Serpent gagnent. Si une seule carte reste au centre et qu’elle est côté Nuit, les Serpents l’emportent. À noter qu’à 5 ou 6 joueurs, la plus petite carte côté Jour est retirée de la table à la fin de chaque manche.
Les extensions de Soupçons
Soupçons ne dispose d’aucune extension pour le moment. On vous tiendra informés si cela évolue.
Notre avis sur Soupçons
Soupçons tient dans une boîte minuscule et se joue en un quart d’heure, mais il parvient à générer quelque chose d’assez rare : ce moment où tout le monde regarde tout le monde après un « rien ne se passe ». Était-ce un Serpent ? Un zéro ? Une carte déjà retirée ? Personne ne sait, et c’est exactement là que le jeu vit.
Le mécanisme des rôles changeants est ce qui distingue vraiment Soupçons d’un loup-garou classique. Vous pouvez vous retrouver à bluffer pour conserver une carte Serpent que vous vouliez vous débarrasser la manche d’avant. L’aspect déduction prend de l’épaisseur au fil des manches, au fur et à mesure que les informations s’accumulent.
Le seul bémol notable : certaines manches peuvent tourner à vide, sans que la situation au centre n’évolue vraiment, ce qui n’apporte grand-chose. Ça reste rare, mais ça arrive.
Les + du jeu
- Format ultra-compact, idéal pour voyager ou glisser dans un sac
- Les rôles changeants d’une manche à l’autre renouvellent les alliances
- Le bluff est simple à comprendre mais difficile à maîtriser
Les – du jeu
- Quelques manches peuvent tourner à vide sans avancer la partie
- Très court, certains joueurs voudront enchaîner les parties pour en profiter pleinement